mercredi 12 septembre 2012

Permaculture, une charte de base+ 1 émission radio

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Actualité de septembre 12: Joël Vuagniaux dénonce la mainmise des multinationales sur les semences et vient de créer un jardin luxuriant pour lEcole hôtelière de Lausanne 
Une palissade, un panneau de bienvenue et un jardin foisonnant posé entre d’ingrates terres de remblai et des talus coulant en cascade jusqu’à la route.
Les visiteurs sont plutôt rares à franchir le cordon d’herbes folles qui chatouille la terrasse de l’Ecole hôtelière de Lausanne (EHL). Ils ont tort, car ils découvriraient en ce potager des tribus gaies, colorées, luxuriantes, exhalant un parfum extraordinaire. Des capucines et du géranium odorant, du basilic réglisse, citron, grec, rubin ou sacré, des ­tagètes lucida jaillissant en buissons géants, des radis montés en graine. Plus des graines ­dormantes, enfouies sous des buttes paillées avec soin, tout autour du puits central dessiné par un compost. (…)



Le jardin de l’école renferme des variétés oubliées – qui connaît le concombre pique-nique, ovoïde et jaune canari, la voluptueuse tomate couille-de-bœuf, ses cousines bigarrée tonnelet et taxi yellow, la courgette tromba d’Albenga, le haricot à goût de châtaigne? Et que dire de ces côtes de bettes exubérantes aux tons feu et flamme, des chénopodes géants ou des cucurbitacées anarchiques? Les premières cueillettes ont été apprêtées par les chefs et les étudiants de l’EHL au restaurant voisin. Mais ce jardin ne se livre qu’aux patients, aux curieux, aux audacieux; ses essences potagères côtoient à dessein des fleurs, des plantes sauvages, médicinales ou nématocides. Joël Vuagniaux évoque l’énergie qui se dégage de l’humus et des végétaux lorsqu’on les regarde, qu’on sait les entendre, qu’on voue une vénération, comme lui, particulière au vivant. (…)


C’est sans doute au Costa Rica que Joël a entendu sa «petite voix». Au lendemain de son arrivée à San José, dépouillé de tout par des voleurs, grelottant de fièvre, il est recueilli et soigné par des Indiens un peu chamans. Il découvre la condition des petits paysans sans terre et les enjeux réels de la souveraineté alimentaire, loin des bancs de ses études de développement.
Il s’indigne à évoquer aujourd’hui la perte de biodiversité, dilapidée, bousillée en deux générations. L’interdiction du commerce des semences au nom d’une «productivité agricole accrue» – critère qui a motivé l’arrêt européen de cet été. La mainmise scandaleuse sur ces mêmes semences par quatre ou cinq multinationales. Joël Vuagniaux ne s’indigne pas moins au sujet du rapport récent du Programme national de recherche, blanchissant les OGM de tout soupçon de toxicité.
Les militants de Kokopelli, traqués désormais par la justice européenne à l’instar de Robins des bois contemporains, trouveront-ils asile en Helvétie? La législation est ici, pour l’heure, à peine plus tolérante. Joël Vuagniaux n’en appelle pas moins à un sursaut. A une vraie prise de conscience. A un changement de paradigme radical, qui commencerait par consommer local, bio et exiger des légumes issus de variétés reproductibles.
Article de Véronique Zbinden ds Le Temps, 13 sept2012

Et voici une émission radio de 49' 

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